APEL du diocèse de Cambrai
Association de Parents d’élèves de l’Enseignement Libre 
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41 rue Louis Belmas – CS 10045 – 59401 CAMBRAI Cedex
Formation académique

Bonne rentrée 2018

Apprentissage de la langue entre bienveillance et rigueur 
Intervenant : Bruno Germain, enseignant-chercheur en linguistique,
 
 
La maitrise du pouvoir dépend de la maitrise de la langue : les exécutants en ont la plus mauvaise (parole, sans recours à la source de l’information), puis viennent ceux qui donnent les instructions (lecture), ceux qui les écrivent (écrit) et enfin ceux qui les définissent.
 
La langue est un jeu, pour se faire comprendre ou pas ; aucune n’est impossible à apprendre. L’apprentissage initial de plusieurs langues est juste un peu plus long. Il n’y a aucune raison de ne pas apprendre, à part un handicap. Le mécanisme acquis lors de l’apprentissage de la 1ère langue va être reproduit pour les suivantes. 

L’apprentissage de l’écrit va être facilité par la communication orale avec les pairs et les adultes, mais freiné par une mauvaise maitrise du langage. 
Dans les familles étrangères, mieux vaut parler la langue d’origine (vernaculaire) à la maison et ne pas empêcher de la parler à l’école (ménager l’affect). Elle est importante pour apprendre la langue véhiculaire. 

L’enfant apprenant essaye, ose : il a besoin de la bienveillance de l’accompagnateur (parents, enseignants) et la teste. Il a aussi besoin de rigueur (il ne faut pas le féliciter quand ce n’est pas bien, car ce ne serait pas lui rendre service), de vigilance et de disponibilité, indispensables pour l’apprentissage des sons, ce qui demande à tous les intervenants de faire des efforts. 

Les mots et leur organisation : le lexique est composé de tous les mots qui existent en français et de ceux pouvant exister. Le vocabulaire est un ensemble circonscrit de mots (en nombre, sur un thème…) -> dictionnaire. 

On a besoin de 7 répétitions pour enregistrer un mot, avec un peu de distance. Un peu d’apprentissage à la fois, la capacité mémorielle étant limitée. Le meilleur apprentissage se situe entre 2 ans ½ (entre 100 et 300 mots) et 3 ans (1000 mots) ; ± 2500 mots à l’entrée en CP. Le bagage de vocabulaire varie de 1 à 8 selon les individus et il faut l’utiliser pour l’apprendre. On apprend mieux à lire les mots que l’on connaît : l’apprenant se construit une image intellectuelle du mot déchiffré. 

Lire des livres est important même pour les plus grands et doit rester un rituel quotidien, moment de sérénité et de confort. 

C’est mieux de lire en face (sans montrer les illustrations) pour favoriser une meilleure représentation et appropriation de l’histoire, puis d’en parler ensuite, pour apprendre à comprendre la relation entre l’oral et l’écrit. Relire à la demande sans rien changer, pour bien montrer que l’écrit reste. Inciter à dessiner l’histoire, confronter le dessin aux illustrations et le partager. 

Pour développer le vocabulaire, partez de mots usuels, quotidiens. Il y a 500.000 mots dans le lexique français, dont 907 mots-noyaux et 442 mots fondamentaux : ce sont des machines sémantiques. En partant d’un mot-noyau, associez les équivalents, les lieux, les moments ; les polysémiques (plusieurs sens pour un même mot) ; jouez avec, amenez les adjectifs par 2 (chaud-froid). 
Pour expliquer un mot, n’utilisez pas le dictionnaire, car le contexte n’aide que ceux qui ont du vocabulaire, mais catégorisez-le (canapé -> chaise, banc), accompagnez-le pour aider à se faire une idée. 
http://www.vocanet.fr/index.php/accueil2 pour une explication des 442 mots par niveau.  


Transmettre à l’adolescence, un défi. 
Animateur: Denis Bochereau, pédopsychiatre à Paris.  

 
Ambiance et atmosphère : Quoi que vous fassiez, ce sera bien. 
Citations :  
Ce que tu as hérité de tes ancêtres, gagnes-le.

Si nous ne transmettons pas le monde, ils le détruiront. 
L’avenir de la jeunesse est dans les mains des adultes.
 
L’Adolescence se situe de 10 et 24 ans. La fin de l’adolescence est quand on devient parent. 

La pré adolescence (période du collège), le fonctionnement (bête, dérision, haine de l’intelligence et de la culture, retournement de la fierté d’apprendre. 

Modification de la sexualité, qui suis-je ? Plus on se transforme, plus on s’interroge. 
L’adolescence : (Période du lycée), la transformation forte est finie, il sait que c’est son propre effort qui l’aboutit, veut l’accès à l’autonomie, veut s’autogouverner. 

La post- adolescence, c’est un moratoire, beaucoup d’indécision, le sport et l’intelligence sont à leurs apothéoses. Plus la société se complexifie, plus le temps sera long. 
3 sphères à ne pas mélanger 

L’intime (l’âme, secret...) 
Le privé (la famille, les proches, le cercle…) 
Le collectif (les autres…). 
 

Frédérique ALESSI—Chargé de mission
D HERBECQ—Trésorier APEL du diocèse—Président Sainte Bernadette Jeumont
Apprendre un métier ou par le métier ?  
(Présenté par Michel Guisembert, président de Worldskills France, et par Jean François Desbonnet, Directeur de CFA)  
Aider les élèves à réussir, un objectif à partager.


 
Ce premier atelier a présenté principalement les filières autour de l’apprentissage et leurs avantages.  
Quelques statistiques :  
57% des français ont une image négative de l’apprentissage.  
60% des 1ere années à l’université échouent  
83% des français refusent qu’on les appelle Ouvrier et pourtant dans l’excellence des MOF, le nom « Ouvrier » est à l’honneur.  
69% des apprentis en automobile sont embauchés.  
En Suisse, 72% des enfants de primaire font déjà de l’apprentissage. Pour rappel, la Suisse a une croissance à 2 chiffres et un taux de chômage inférieur à 5%. 
Il y a une vraie réforme culturelle à faire en France pour remettre à l’honneur ces filières d’apprentissage, de compagnonnage. Le compagnonnage c’est la transmission de soi. Parler métier à des 4eme ou 3ème, on voit bien que c’est compliqué. Il faut éduquer à l’orientation.  
Chaque savoir passe par l’expérimentation, c’est elle qui fixe le savoir. La transmission est un don car transmettre c’est donner à quelqu’un tout en gardant pour soi.  
Dire : il faut 80% de bacheliers est dangereux car les enfants peuvent s’épanouir autant ou plus dans l’apprentissage.  
Le savoir est un sac, on y met des choses et on regardera plus tard. La connaissance c’est intégrer ces mêmes choses et l’apprentissage le permet par la maitrise et la pratique.  
Il faut également donner du sens à l’apprentissage par la motivation aussi bien à l’apprentis qu’à l’entreprise accueillante sinon, ça ne fonctionne pas.  
Les enfants d’aujourd’hui, par manque de temps des parents et des règles de sécurité augmentées, ne voient plus leurs parents travailler. En 1947, En Espagne, sur ce constat que les jeunes ne viennent plus vers les métiers, Albert Vidal décide de créer les olympiades des métiers pour embellir les métiers et les présenter.  
En 2017, ces olympiades ont eu lieu à Abou Dabi et ont réuni 80 nations et 57 métiers pour 4 jours de compétition. Cet événement a attiré 180 000 visiteurs. La France a fini 7eme.  

 

 
 
Les caractéristiques de l’école : apprentissage et développement, apprendre et apprendre à l’école. 
Le seul bon enseignement est celui qui devance le développement. 
On apprend tout le temps dans la vie quotidienne et on apprend à l’école. 
L’école n’a pas le monopole de l’apprentissage. 
Apprentissage scolaire :  
- Cognitif : apprendre, réfléchir, élaborer, construire. 
- Culturel : travailler sur une chanson appréciée par les enfants… 
- Identitaire : priorités différentes en fonction du milieu social. 
Mémoriser - S’exercer- Se former  
L'externalisation du travail scolaire creuse considérablement les écarts. Des enfants seront plus soutenus que d’autres. 
Beaucoup d'enseignants se sont dits très moyennement convaincus de l'utilité des devoirs. Ils en donnent quand même, invoquant un moyen de liaison entre école et famille. 
Les devoirs rassurent les parents. 
Corriger les devoirs en revenant individuellement sur les erreurs des élèves prendrait un temps qui empêcherait la progression du cours...  
Il faut une entraide entre Parents et Enseignants. Les enseignants doivent être moins conformistes et accepter davantage les parents afin que tout le monde puisse se comprendre. Les parents doivent être au plus près de l’enseignant pour les devoirs… 
C. HERBOMMEZ— APEL LANDAS 

C. HERBOMMEZ - APEL Landas
E. LAURAIN - Vice président arrondissement Douaisis
Transmettre « Je vous ai transmis ce que j’ai moi-même reçu » 
 
Accueillir ce que j’ai reçu avant de le transmettre 
Nous avons tous la même mission : la nécessité de transmettre le trésor de la vie… 
La personne à qui je transmets est elle-même un trésor, un mystère… une personne qualifiée à la ressemblance de Dieu. La transmission est un acte joyeux qui est précédé d’une vision contemplative et non d’un regard défaitiste de la société. 
Nous devons porter un regard confiant sur les jeunes. Les enfants sont beaux et ils méritent tous de vivre heureux. 
L’objectif de la transmission est de pouvoir rendre autonome le jeune. 
Transmission pour pouvoir inventer…. Et non un dressage pour reproduire à l’identique. (sans progrès). 
Préserver l’autonomie et la liberté. 
Problématique, aux États-Unis, un enfant qui a vécu un échec est valorisé. En France, un doublement est une catastrophe. On cherche à orienter très tôt. Les jeunes exerceront des métiers qui n’existent pas encore. 
Nous devons à apprendre aux jeunes à se relever après un échec. Comment les aider à rebondir plus haut ? 


Monsieur Xavier Nau
Monsieur Xavier Nau. Philosophe, président de la section éducation au Conseil économique, social et environnemental (CESE) 

C LOBRY—Chef d’établissement - Saint Pierre Fourmies 
Transmission des valeurs : 
 
Transmettre des valeurs en famille. Une vie sans valeurs ne serait qu'un monde sans relief, sans goût. 
On veut du relief, bon ou mauvais mais il y a du sens. Il y a des choses qui valent plus que d'autres. 
Nous n'avons pas tous les mêmes valeurs. 
Les valeurs sont subjectives, mais cela ne suffit pas ! On ne peut pas faire tout et n'importe quoi. 
Nous aimons tant qu'à faire, éduquer des valeurs qui sont bonnes. 
Transmission : Du respect des règles, du développement de la valeur, et de sa critique. 
Il y a des règles qu'on ne peut pas bouger : ex : le code de la route. 
Les codes du respect : aux codes de la vie : ex pas de gros mots.... 
Les règles d'arbitrage sont importantes pour l'enfant, c'est une valeur. Lui montrer qu'il y a des choses mieux que d'autres, est une valeur. 
La vie n'est pas arbitraire, il y a des valeurs, elles se proposent à l'intelligence de l'enfant. 
On ne peut pas imposer un goût à un autre, mais proposer. 
Les règles peuvent être injustes, être contestées, elles peuvent également être différentes au fur et à mesure du temps, de la vie. 
Il faut donc trouver les bonnes règles, les bonnes valeurs. La valeur c'est pour vivre ensemble, cela aide à mieux vivre. 
Elle est une façon de se comporter et d'avoir de bonnes règles éthiques et morales. 
 

Didier Moreaux - permanent
L’A.P.E.L. de l’école St Joseph Ste Bernadette de Landas a eu la chance de pouvoir participer au 20ème Congrès National de Rennes. Le thème :  
Que transmettre ? Comment ? Autour de ces interrogations, des experts, des praticiens, des témoins… 3 jours intenses de conférences et d’échanges… 
En ce qui concerne l’école et la Transmission, nous pouvons souligner que l'école doit transmettre, mais elle n’a pas le monopole de l’apprentissage. Dans la vie sociale, la transmission s'effectue de manière aléatoire, en fonction des histoires et des trajectoires individuelles, à partir des rencontres que chacun effectue au hasard des circonstances. L'école, elle, doit assurer une transmission rigoureuse et systématique des savoirs ET devancer le développement. 
Être fidèle au devoir de transmission tout en permettant à l'élève de s'approprier lui-même, dans une démarche dont il est l'acteur, les connaissances que l'on doit lui transmettre…  
Restaurer le désir et le plaisir d’apprendre….  
Organiser sans relâche des programmations rigoureuses et des situations bien construites... Tout en sachant que seule la décision de l'élève peut lui permettre de progresser, d'apprendre et finalement de grandir…  
La Transmission à l’école est un Art pour celui qui aime son métier d’enseignant. 

 C. HERBOMMEZ—A.P.E.L. de l’école St Joseph Ste Bernadette de Landas 

Nos héritages : de notre histoire familiale à notre parcours personnel 
Nicole Prieur philosophe, activité clinique thérapeute d’enfants 

 
Acte volontaire de transmettre et volonté de recevoir. Loi d’inconscient familiale qui s’invite. Il ne suffit pas de vouloir bien transmettre. Nous portons tous des souffrances du passé que nous avons envie de rattraper. 
Héritage symbolique : Le don construit le lien : donner pour recevoir. Appliqué à la famille le don de la naissance, de l’affectif... Mais aussi nous héritons d’une névrose familiale. Ce don créé des dettes. Ce qui est donné est profusion ce que nous recevons est impalpable souvent immatériel nous ne pouvons pas reconnaître ce que l’on a reçu. La psyché va retenir ce qui a été raté. Donc ce qui n’est pas venu. Les parents donnent à des enfants sans compter à des enfants qui vont compter sans cesse ce qu’ils n’ont pas reçu.  
Héritages sonnants et trébuchants : les règlements de compte à l’héritage n’apparaissent pas au décès, ils se sont construits. Lorsque l’on attend après le décès des choses que nous n’avons pas reçu, je vais donc reporter mes attentes sur la fratrie. Celle-ci va être mise à l’épreuve de quelque chose qui n’a pas été réglé avec les parents. Il y a aussi l’inconscient du couple qui peut mettre de l’huile sur le feu. 
La plus grande souffrance est de ne pas s’être senti reconnu dans son parcours. 

J François EUSOP - Président de l'APEL du diocèse
Ecrire pour faire mémoire, correspondre pour transmettre
Benoît SKOURATKO - enseignant / au département éducation du SGEC
Le principe de l’atelier : Travailler en groupe de 4 ou 5 sur le mot « TRANSMETTRE » 
 
Etape 1 : prendre 15 minutes pour : 
 
a) Par des mots, donner une définition du mot transmettre en allant plus loin que la pure définition du dictionnaire, il faut écrire ce que transmettre évoque personnellement. 
 
b) En parallèle, écrire des mots proches en sens et en phonétique du mot transmettre, par exemple transporter. 
 
Etape 2 : prendre 15 minutes, toujours en groupe, pour : 
 
Sur une feuille A3, écrire le mot transmettre et noter tous les mots que chacun aura 
trouvés à l’étape1. En principe, de nouveaux mots viennent se greffer au cours du 
remplissage de la feuille A3. 

Etape 3 : toutes les feuilles A3 de tous les groupes sont affichées (au mur par exemple).  
Pendant 10 minutes, tous les participants doivent parcourir les feuilles A3 et  
relever 6 ou 7 mots qui les ont les plus touchés. 
 
Etape 4 : Chacun, avec les 6 ou 7 mots, va écrire une lettre à une personne. Vu les mots ,  
La lettre va tourner autour du sujet : TRANSMETTRE. 
 
Conclusions : 
 
a) Il était impensable pour tous, au début de la séance, d’être en mesure de « pondre » une lettre d’une ou deux pages sur le mot TRANSMETTRE. Et bien, oui, tous les participants l’on fait. 
 
b) Dans un exercice similaire, mais de plus longue durée, dans une classe de BTS, des élèves ont écrit une petit recueil, qu’ils ont relié pour en faire un livre. Le texte ci-dessous est de toute beauté…. 

L. ALESSI - Vice président arrondissement Sambre-Avesnois